Concert : le 14 juillet 2021 à 18h30, église St Hippolyte, Thonon

Stefano Bertuletti, orgue

Cinq siècles de musique d’orgue italienne

Oeuvres de :

    • Andrea GABRIELI (1510-1586)
    • Girolamo FRESCOBALDI (1583-1643)
    • Domenico ZIPOLI (1688-1726)
    • Antonio VIVALDI (1678-1741)
    • Baldassarre GALUPPI (1706-1785)
    • Niccolò MORETTI (1763-1821)
    • Ferdinando PROVESI (1770-1833)
    • Filippo CAPOCCI (1840-1911)
    • Renato GRISONI (1922-2012)
    • Carlotta FERRARI (née en 1975)

Ce programme se présente comme un court extrait de la musique d’orgue italienne entre les XVIe et XXIe siècles. Il s’ouvre avec deux pièces de la Renaissance par Andrea Gabrieli, organiste de la Basilique de Saint Marc à Venise, et se poursuit  avec deux auteurs parmi les plus connus du panorama musical baroque pour instruments à clavier : Girolamo Frescobaldi et Domenico Zipoli. Du premier, en plus de la Toccata VII, pleine de passages très libres, nous pourrons écouter l’Aria avec Variations « La Frescobalda », le premier exemple connu de variations sur un thème original; jusque-là, cette forme avait toujours été liée à l’utilisation de mélodies populaires ou autrement connues.

Le jésuite Domenico Zipoli est plutôt représenté par une série de variations sur le thème très connu de la Folie d’Espagne, probablement composée pendant son apostolat missionnaire en Argentine.

Le concert se poursuit avec un concerto d’Antonio Vivaldi transcrit pour orgue par Johann Gottfried Walther. Comme presque tous les concerti de ce compositeur, il est composé de trois mouvements : deux  « Allegro », séparés par un “Adagio”.

Avec Baldassarre Galuppi nous restons toujours dans le contexte vénitien: de cet auteur, un des compositeurs les plus originaux dans le genre de l’opéra-comique italienne, est proposée une sonate en quatre mouvements caractérisée par un style mélodique élégant, dans laquelle on peut entrevoir les nouvelles orientations du nouveau style galant, un style antérieur au classicisme.

La musique d’orgue de Niccolò Moretti nous apparaît brillante et particulièrement adaptée aux sons des instruments de l’école vénitienne du XIXe siècle. Dans sa production, les références à la musique de Mozart et Haydn sont très évidentes; il a également transcrit quelques sonates “de Monsieur Mozart” pour orgue.

Ferdinando Provesi était un organiste et compositeur italien d’opéras, de la musique symphonique et, en particulier, de la musique sacrée. Il est surtout connu pour être le premier professeur de Giuseppe Verdi. Ainsi cette Sinfonia en Ut majeur met en évidence l’influence du style de l’opéra, évidente en  Italie. Évidents également sont les tributs, au début et au milieu, à Cimarosa (Symphony des Horaces et des Curiaces), au Mariage de Figaro (dans le détachement initial) et à Rossini (surtout le deuxième thème). En Italie, au cours du XIXe siècle, cette pièce, comme des autres pièces similaires, pouvait être jouée, par exemple, au début d’une Messe.

Filippo Capocci a été défini comme «le plus grand organiste italien après une longue période d’humiliation» (Corrado Moretti). Il a écrit environ 150 compositions pour son instrument, presque toutes publiées à l’étranger. L’organiste romain est devenu célèbre en 1881, à l’occasion des essais, réalisés par A. Guilmant, du nouveau grand orgue de Saint Louis des Français à Rome, instrument à trois claviers du facteur d’orgues Merklin: il a lui-même interprété sa Première sonate pour orgue, dédiée au grand organiste français. Ce que nous remarquons dans son Prélude et Fugue en Ut mineur est la simplicité, la clarté de son discours musical qui découle de la spontanéité de l’idée musicale et la forme évidente.

Les deux dernières pièces du programme, bien qu’ayant été composées récemment, dénotent une saveur archaïque. Renato Grisoni, compositeur italien qui s’est installé plus tard en Suisse, a écrit son Rondellus pour les anciens orgues italiens. La pièce comporte des couplets entrecoupés d’un refrain caractérisé par un écriture d’accords. La Toccata gothique de Carlotta Ferrari laisse plutôt entrevoir une usage personnel des ancienne modalités grégoriennes où le caractère « gothique » est accentué par l’utilisation de quintes parallèles.

Stefano Bertuletti commence ses études musicales auprès de l’Institut de Musique Sacrée de Bergame (il étudie dans les classes de piano, orgue, harmonie, écriture et analyse musicale, histoire de la musique et composition, en remportant plusieurs distinctions).

Il remporte un Premier Prix d’orgue au Conservatoire « Gaetano Donizetti » de Ber- game.
Parmi ses nombreux cours de perfectionnement, il y a lieu de signaler ceux avec H. Vogel, A. Marcon, L.F. Tagliavini, R. Jaud, J.L.G. Uriol, B. Leighton et C. Stembridge.

Il se produit à l’orgue, comme soliste, comme collaborateur de choeurs et comme chambriste en Italie, en France, en Suisse, en Allemagne et en U.S.A., en nombreux festivals renommés (Audition d’Orgue à la Cathédrale Notre-Dame de Paris, Festival “Organo Pleno” – Cathèdrale d’Amiens, “Les Concerts du Jeudi” à l’Alpe d’Huez, Concerts d’Orgue à St-Augustin de Paris, Saison Musicale été 2013 à la Cathédrale d’Auxerre, Concerts Spirituels à l’église de St. Nicolas du Chardonnet de Paris, “Auditions d’orgue à la Cathédrale Notre-Dame” de Luxembourg Ville, Festival International d’Orgue de Chatou, Hospitalité Musicale de la Salpétrière –Paris, “Les jeudis de Quelven”, Saison des Concerts d’Orgue à Villeneuve-lès-Béziers, Saison Musicale à Châteauneuf-du-Pape, “Les Heures d’Orgue” à la Cathédrale di Réal d’Embrun, Les Mercredis de l’Orgue à Lannilis, Les Mardis de l’Orgue à Loctudy, Concerts d’orgue à l’Abbatiale – St-Gildas de Rhuys, Orgelkonserter Ishavskatedralen in Tromsø, “Rassegna organistica su organi storici della Bergamasca” de Bergamo, “L’organo della Basilica di S. Maria Maggiore” de Bergamo, Vespri d’Organo a S. Protaso in Milano, “Cantabilis Harmonia” de Pordenone, “Percorsi d’organo” de Ferrara, “Armonie fra Musica e Architettura” de Modena, “Vespri d’Organo a S. Agostino” de Treviso, “Organi storici mantovani, un patrimonio da ascoltare” de Mantova, “Festival Cantiere della Musica – Armonie tra cielo e terra” de Lucca, Orgel-Matinee um Zwolf de Ingolstadt, Rassegna Organistica Leventinese – Canton Ticino – Suisse, Festival d’Orgue du Musée Suisse de l’Orgue, “Jubileum Concerts” à l’église de St. Marcello al Corso – Roma, “Serate Organistiche Leonardiane” à la Cathédrale St. Maurice de Imperia, Orgel-Matinee à la Cathedrale de Fulda, Internationale Orgelkonzerte – Basilika St. Martin Weingarten, II Ciclo de Musica para Organo en la Iglesia de San Francisco Ecija, V Ciclo Internacional de Conciertos y Meditaciones – Organo Cavaillé-Coll Siviglia, Johann Sebastian Bach International Organ Festival Warszawa & Łowicz, Organ Recital Series – National Cathedral Washington,….).

De 1991 à 2012 il a été professeur d’orgue auprès de l’Académie « S. Cecilia » de Bergame.
Il compte, à son actif, un riche corpus de compositions (orgue et chœur avec orgue) partiellement publiés par Edizioni Carrara de Bergame, Rugginenti de Milan, Armelin de Padova, Delatour- France de Sampzon, Dr. J. Butz- Musikverlag de Bonn et Bayard-Nizet de Stavelot (Belgique).

Ses compositions et ses transcriptions pour orgue sont dans le répertoire d’organistes comme Juan Paradell Solé, Massimo Nosetti, Alessandro Bianchi, Marie Agnès Grall-Menet, Hans Uwe Hielscher et Martin Setchell. Sa composition “Fuga sopra un soggetto” a été enregistrée par Martin Setchell dans son CD “Great Australasian Organ Series – Vol 7 – The Rieger Organ of Christchurch Town Hall”.
Il a écrit plusieurs essais sur l’orgue, en collaborant à l’inventaire des orgues historiques de la Province de Bergame ; en particulier il est auteur du livre « Organi e Organari dell’Isola Bergamasca » (Orgues et Facteurs d’Orgues de l’Île bergamasque) commandé de l’Association Culturelle “Promo-Isola”.

Stefano Bertuletti est organiste titulaire de l’Eglise du Sacrè-Coeur de Bonate Sotto (Bergame).